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Amorosa Fenice

Amorosa FeniceAprès la sortie de trois CDs chez Alpha (“Il Giardino di Giulio Caccini”, “La semaine mystique”, “Les musiques de l’Astrée”) Faenza a pris, vis-à-vis de l’enregistrement discographique, le temps de faire un long “shabbat”. Ces quelques années ont été consacrées à la création de formes atypiques et innovantes comme “Les Voyages de Bellerofonte”, “Le Jeu des Amants”, “Métamorphoses” ou “Le Salon de musique”, qui fêtera cette saison ses cinquante représentations.

Faenza renoue aujourd’hui avec la création discographique grâce à un partenariat stimulant avec la maison de disques agOgique. Désormais, au rythme de croisière d’un enregistrement par an, nous explorerons des répertoires méconnus et donnerons à des compositeurs oubliés une seconde vie, comme nous le faisons ici avec Giulio San Pietro de’ Negri dans le CD Amorosa Fenice.

Parmi toutes les figures, fascinantes mais aujourd’hui quelque peu oubliées, qui peuplèrent le monde de la monodie italienne du premier XVIIe siècle, Giulio San Pietro de’ Negri est probablement l’une des plus intéressantes. Il publia au moins onze volumes de musique vocale profane et sacrée entre les années 1605 et 1620. Ce corpus compte bon nombre de pièces étonnamment originales, même au regard des standards pourtant expérimentaux de l’époque.

En effet, Giulio San Pietro de’ Negri est de ceux qui, comme le compositeur et théorbiste Bellerofonte Castaldi, ont dû apprécier “l’ombre bienfaisante” de Claudio Monteverdi, auquel sa musique fait immanquablement penser. De’ Negri est une âme fantasque, curieuse, ouverte à la nouveauté et surtout libre de vagabonder à sa guise dans ce Nouveau Monde sonore découvert par le maître vénitien.

Le parcours de notre compositeur entre en résonnance avec celui de contemporains plus connus tels le noble palermitain Sigismondo d’India ou le patricien siennois Claudio Saracini. Ces musiciens issus de la noblesse, ne se trouvant bridés ni par un statut professionnel ni par des règles de composition par trop conventionnelles, inventèrent des procédés musicaux profondément originaux. C’est donc bien à un voyage hors des sentiers battus que cet enregistrement nous invite.

FAENZA

Marco Horvat, direction, chant, théorbe, guitare baroque, lira da gamba
Olga Pitarch, soprano
Brigitte Vinson, mezzo-soprano
Jeffrey Thompson, ténor
Emmanuel Vistorky, basse
Magali Imbert, flûtes et tambourin à cymbalettes
Pierre Hamon, flûtes
Christine Plubeau, dessus et basse de viole
Charles-Édouard Fantin, luth, théorbe, guitare baroque
Matthieu Boutineau, claviers

Direction artistique, Prise de son et Montage : Alessandra Galleron

Textes du livret : Robert L. Kendrick (University of Chicago) et Marco Horvat

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