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Princesse de Clèves 2014 : anatomie d’une fascination

la princesse de clèves5 au 7 mars 2014

Colloque international organisé par Bruno CLEMENT (Université Paris VIII / IUF), Jean-Michel DELACOMPTEE (Université Paris VIII) et Laurence PLAZENET (Université Paris-Sorbonne/IUF, CELLF 16e-18e)

Hôtel de Massa
Société des Gens de Lettres
38 rue du Faubourg Saint-Jacques
75014 PARIS

Métro : Saint-Jacques

La Princesse de Clèves fait partie d’un petit nombre de romans français qui, pour quelque raison, sont toujours d’actualité. Cela ne signifie pas seulement que son histoire, que ses personnages, que sa morale, nous parlent toujours et qu’ils sont susceptibles de susciter en nous passions et émotions ; ni que ce roman rencontre régulièrement, depuis plus de trois siècles, un public, même peu nombreux, à qui il importe, parfois même déraisonnablement ; cela signifie aussi, plus curieusement, que pour chaque époque il a été, comme il le fut dès sa publication, une sorte d’enjeu. Enjeu littéraire, bien sûr, et peut-être au premier chef, si l’on veut bien penser que les termes de la querelle qui a suivi sa publication sont ceux mêmes qui divisent ses protagonistes, et qui, littéralement, font l’intrigue. Enjeu esthétique, dont témoigne le fait que ce roman, publié à une époque où prévaut un classicisme qui fait aux romans une part bien mince, a suscité au cours des âges maintes adaptations de toutes sortes (romanesques, mais aussi musicales et cinématographiques). Enjeu social, parce qu’une femme l’a écrit, sans doute, mais parce que l’histoire qu’elle raconte est celle d’une jeune fille dont la conduite résolue ébranle les codes du petit monde censé donner le ton à toute la société de son temps – peut-être même à toute société. Enjeu éthique, encore : la résolution finale de la Princesse est aussi incompréhensible que préoccupante – admirable aussi, sans qu’on sache très bien pourquoi – et lire le roman qui raconte sa genèse c’est nécessairement s’engager dans un débat qui pèsera les torts et les mérites de chacun ; c’est aussi, presque à coup sûr, proposer d’autres conduites, rêver d’autres rencontres, souffler d’autres répliques – douter au fond de la vertu du renoncement. Enjeu politique enfin, on a pu le voir encore récemment lorsque le roman, moqué par le plus haut personnage de l’État, a été soudainement perçu – et défendu – comme un monument du patrimoine national. Le colloque sur La Princesse de Clèves qui se tiendra les 5, 6 et 7 mars 2014 à Paris devrait dresser quelque chose comme une cartographie de ces enjeux aujourd’hui. Y interviendront donc non seulement des littéraires mais aussi des historiens, des sociologues, des philosophes, des cinéastes, des musiciens – qu’ils soient ou non universitaires. Ne se souciant de la bienséance ou des idées reçues que pour essayer d’en comprendre la logique, d’en exhumer les implications, ses organisateurs souhaiteraient jeter un peu de joursur  les raisons pour lesquelles ce texte étrange, écrit par une femme vivant il y a 350 ans, n’a jamais réellement cessé d’exercer sur le public français une vraie fascination, au point de constituer, lorsque les conditions sont réunies, un point de crispation sensible dans une soci été qui excède largement celle des lettrés ou des universitaires.

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